Le manifeste de Simplexité

Dans un contexte de raréfaction des ressources écologiques comme économiques, tenir compte de toutes les dimensions du réel et s’inspirer de la complexité du vivant peut être une formidable opportunité de développer de nouveaux modèles de croissance à impact positif pour nos écosystèmes.

Produire des valeurs d’usage plutôt que des biens et des services, penser et mesurer son activité économique par d’autres indicateurs que la quantité de produits vendus et inscrire sa production dans un écosystème plus large que l’entreprise sont quelques unes des pistes que les organisations explorent aujourd’hui pour renouveler la notion de croissance et s’inscrire dans une prospérité durable.

Dans un environnement de plus en plus complexe, les potentiels de développement d’une économie régénérative¹, reposent aussi sur la coopération et la créativité. Nous faisons ici référence aux travaux de l’Atelier Symbiotique et d’Isabelle Delannoy qui définissent l’économie symbiotique comme

“Un modèle économique régénératif radicalement nouveau qui affirme la possibilité de développer une relation symbiotique (c.a.d de croissance mutuelle) entre des écosystèmes naturels prospères et une activité humaine intense, et ce dans tous les domaines de l’économie.”

Ces nouveaux modèles économiques construits sur la réponse aux besoins communs impliquent aussi de revoir le travail, son organisation et les interactions qui le génèrent au quotidien.

Toutes ces évolutions nous amènent à envisager le fonctionnement des organisations comme des organismes éminemment vivants qui se nourrissent d’interactions internes et externes mettant à mal les fonctionnements pyramidaux hérités du XXème siècle et leur outil corollaire :  l’organigramme.

Les qualités attendues du système de production deviennent alors indissociables de la capacité de tous ses membres à leur donner vie, à l’image des cellules d’un organisme.

Nous faisons le constat que les nouvelles formes d’organisation du travail restent très peu abordées, constituant, de fait, un “angle mort” du changement au sein des organisations privées comme publiques.

Quelques organisations pionnières ont réussi à aligner leur nouvelle vision avec un système, une organisation collective et des pratiques individuelles cohérentes. Mais elles restent trop rares…

Pourtant, de nombreuses autres pressentent qu’il leur faut “changer le travail”, lui redonner du sens et nous voyons fleurir des “écoles du management” où l’encadrement se voit proposer des formations pour “s’améliorer”, passant pourtant à côté de l’enjeu fondamental de la transformation des organisations.

D’un côté les pratiques individuelles, de l’autre la stratégie de l’entreprise ou de la collectivité mais il manque souvent l’élément essentiel : le questionnement du système qui permet de créer du sens, le chemin qui mène à la transformation réelle de l’organisation.

Les organisations cherchent aujourd’hui des réponses à leurs besoins d’innovation, de performance globale et de quête de sens et ça tombe bien les individus aussi !

Et changer de paradigme demande de travailler en même temps la raison d’être, le système et les pratiques individuelles.

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